15 mai 2008

56 - Le bout du bout

Garrin_lui_conseilla_de_laisser_la_police_s_occuper_du_tueur

56 - Le bout du bout

(à suivre)

    Pendant que se déroulait cette passionnante conversation, Loïc Lekervelec, assis à la terrasse du Nord Sud, qui avait sorti ses tables aux premiers rayons d’avril, regardait passer les filles, dont certaines avait osé les jambes nues. Soucieux, il repensait au barbu… Quand même, il aurait dû en parler aux flics… Mais il pouvait se gourrer aussi ; Et puis, il préférait essayer de régler ça tout seul : il avait trop à perdre en allant se répandre chez l’inspecteur Fouillemerde. Et du coup, il préféra évoquer Gina: en voilà une, que lorsqu’il aurait fini ses affaires avec Fabio, il allait quand même essayer d’se la coller au bout du bout…

    L’inspecteur croyait rêver : jamais, même dans les études de cas les plus tordues qu’il avait eu à traiter à l’Ecole Nationale de Police, il n’avait vu un tel enchevêtrement d’histoires. Et il lui manquait encore une pièce du puzzle : d’où Lulu Hortec tenait-il un vrai Van Dongen, puisque, selon ce qu’aurait déterminé Lekervelec, le lavis que Miche tenait d’Elo, et que d’ailleurs il avait été chargé de fourguer lui-même, était un faux. Cette histoire de lavis lui tournait la tête, et surtout, l’inspecteur principal Garrin ne voyait pas trop comment elle pouvait s’articuler avec les meurtres ou tentatives de meurtre ; la seule certitude, il ne sortait pas de là, était que Loïc Lekervelec était la pierre angulaire et la clé de voûte de cette cathédrale sanglante. Il en était là de ses réflexions, quand Durdan entra :
    - Boss, on a une nouvelle tentative sur les bras…
    - Quoi ?...
    - C’est à l’hosto, la môme à Kerpourri, là, elle a encore failli s’faire taillader par l’homme à la barbe… Même qu’il a planté Vladimir Sobanski au passage.
    - Le punk ? Mais qu’est-ce qu’il foutait là ?...
    - Ben c’est vous, patron, qui l’avait envoyé à Lariboisière. Alors, on a pas tout compris ce qu’il nous a raconté, mais en gros il s’est paumé dans les couloirs de l’hosto et s’est retrouvé dans la chambre de la Josiane avec un médecin barbu qui lui a planté un couteau dans la cuisse…
    - Un médecin barbu ?... Et on l’a chopé, ce médecin barbu ?
    - Non, mais on a récupéré son schlass dans la jambe à Sobanski… Un gentil poignard commando de trente cinq centimètres, avec un côté scie, histoire de trancher dans l’vif du sujet!
    - Putain Durdan, j’crois bien qu’on a un furieux sur les bras… Tu vas m’faire un relevé d’empreintes sur le poignard, et tu compareras avec tous les relevés qu’on a, chez la gamine Josy, sur Miche, chez Nera et chez la chanteuse…
    - Héloïse Grandchemin ?... Mais elle, c’était pas avec la navaja à Toussaint ?…
    - Fais comme j’te dis mon p’tit camarade, fais comme j’te dis : j’ai idée qu’on s’est mis l’doigt dans l’trou du cul, avec cette histoire de lame sanglante. Ah, et puis tiens, tu m’ressortiras le rapport d’autopsie de la chanteuse, justement…
    - Ok Boss, c’est vous l’Boss, finit par grommeler Durdan.

    Fabio, sûr de ses protections et de sa bonne foi sur ce coup, n’avait pas hésité à raconter par le menu, à un Garrin fasciné, l’histoire des deux lavis, venant l’un de Miche et l’autre de Lulu, lavis attribués à Van Dongen, mais dont l’un était forcément faux. Et, donc, pourquoi il avait fait appel à une de ses connaissances, peintre à Montmartre, pour expertiser les lavis en question. Ce dernier avait remis son diagnostic à Gina, qui, sûrement, fut assassinée peu après. Mais Fabio ne pensait pas que Loïc pût être coupable : il n’aurait pas laissé la trace de son passage aussi bêtement… Mais de toute manière, il allait retrouver le salaud qui avait dézingué sa Gina, et « lé touer avec dé la raffinérie ». Garrin lui conseilla de laisser la police s’occuper du tueur, et lui indiqua, en prenant congé, qu’il le tiendrait au courant.

Posté par dinan à 01:01 - Commentaires [8] - Permalien [#]


Commentaires sur 56 - Le bout du bout

    Dans le genre inno-sang les mains pleines, il se pose là, le Loïc! Pov' mec, il sait même pas que Gina et ses lollos sont au fridgida! Gaffe à pas trop nous le Forrest Gump-er...

    Posté par Kiki, 15 mai 2008 à 14:26 | | Répondre
  • La vache Kiki, Gina lollos fridgida, c'est trop fort! Parole! Quant à Loïc, faut reconnaître que parfois il m'échappe un peu ce type...

    Posté par Briscard, 15 mai 2008 à 15:26 | | Répondre
  • Re-salut, Stat! (sinon j't'ai répondu sur les autres...)

    Posté par Briscard, 15 mai 2008 à 15:42 | | Répondre
  • ah bon j'vais voir alors... c'est vrai j'avais pas vu le gina lollos frigida mais c'est fort, très fort !

    Posté par Statler, 15 mai 2008 à 15:48 | | Répondre
  • ah j'voulais dire aussi que y'en a on s'demande pas où y s'mette les doigts quand on voit comment la galerie d'portraits elle avance pas au regard de la multitude de protagonistes qui s'balladent là d'dans y compris sans tête (on pourrait avoir un visuel en un seul morceau de ginette? juste comme ça pour s'rendre compte de la courbe que ça peut avoir une italo-berbère -quoique a y réfléchir du côté du z'oeil ça peut aussi bien décoller la tête... enfin si j'ose dire)

    Posté par Statler, 15 mai 2008 à 15:56 | | Répondre
  • SPT, j'crois qu'il va falloir que tu te remettes à bosser un peu et à brosser des portraits: Gina, Garrin, Durdan, Gina, Miche, Bouffi, Gina, Casse-Trogne, le juge Teurman, Gina... y manque des personnages dans la galerie, et le public, à juste titre, se plaint! Sans oublier Gina...

    Posté par Briscard, 15 mai 2008 à 16:03 | | Répondre
  • chuis en train, les aminches,chuis en train!
    mais chuis l'genre qui fait d'la musique le 21 juin... tu 'ois l' genre... alors faut bien répéter un peu...

    Posté par happy T, 15 mai 2008 à 18:04 | | Répondre
  • Le 21 juin 2009?... Parce qu'au train où vont les choses... (non, j'déconne!!)

    Posté par Briscard, 15 mai 2008 à 18:13 | | Répondre
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