26 novembre 2007

8. Comme quoi

je_suis_rital_et_je_le_reste

8. Comme quoi

Tout ça, l’histoire du ciné et d’la piaule à Lekervelec, c’est un peu par hasard que j’l’appris… par les délires de picoles à Loïc, qui avait très vite pris ses aises dans mon troquet, où il pouvait pérorer et s’faire payer des jaunes par des clients abusés. 

Loïc, faut quand même lui reconnaître cette qualité, surtout que c’était p’têt bien la seule qu’il ait eu, il avait pas l’vin mauvais. Au contraire, même : il était plutôt sur la poilade et l’esprit taquin, quand il avait sa dose. Souvent, il v’nait chercher Josy à la fin d’son service, mais la laissait partir seule pour sa vacation au Nord-Sud, pauvre agnelle, tant il était embarqué dans une épopée vineuse et zobeuse, dont il ne pouvait s’extraire. C’est ainsi qu’il nous avait, un jour de biture avancée, plus ou moins raconté, sans vergogne, ni trop de respect pour la gamine, l’emboutissage à Josy. Manque de bol pour lui, ce jour là, y avait Fabio… Fabio, c’était pas l’méchant gars, et Josy, ç’avait pas été non plus la femme de sa vie. Mais quand même.

Quand même, c’était un rital ; et le rital, il est comme il est, mais sur la gonzesse, faut pas trop l’titiller. Or, Loïc titilla. Déjà, ce qui l’avait un peu agacé, Fabio, c’est quand Loïc avait laissé entendre, que tous les mecs avant lui, avec Josy, c’étaient des branques et des mal-baisants. Puis là où il fut carrément irrité, c’est quand Lekervelec, affirma que celui qui lui avait fait sauter l’berlingue, à Josy, c’était un gougnafier d’première, qui lui avait même pas laissé un p’tit échantillon du savoir niquer en société.

Mais ce qui lui fila les glandes, à Fabio, c’est quand Loïc termina sa diatribe en affirmant que selon lui, son premier, à Josy, c’était soit un puceau, soit un pédé ; et là-dessus il éclata d’un rire qu’il voulait nietzschéen, mais qui ne fut qu’étranglé. Faut dire qu’c’est pas trop facile d’essayer d’rire, avec un œuf dur coquillé au fond du gosier, et un acharné qui vous secoue en gueulant: « Tou vas l’avaler, stronzo, tou vas l’avaler. » Et le plus marrant, c’est qu’les œufs durs, ben c’est Loïc qui m’avait suggéré d’les mettre à dispo au comptoir. Comme quoi…

(à suivre…)

Posté par dinan à 01:01 - Commentaires [5] - Permalien [#]


Commentaires sur 8. Comme quoi

    C'est quoi, par terre, tomatoe ketchup ou Lekervelo hémoglobine? E pericoloso de s'attaquer à la Josy nostra! J'espère que la proxima tu nous racontes le chant de Loïc en train d'essayer de refaire l'oeuf!

    Posté par Kiki, 26 novembre 2007 à 08:52 | | Répondre
  • Moi j'pencherai plutôt pour du raisin à Loïc... En tout cas c'est carrément shiny! La vache!
    Pour Loïc j'le sens pas trop d'chanter à c'moment!

    Posté par Briscard, 26 novembre 2007 à 10:57 | | Répondre
  • C’est dommage, y chante super bien !

    Posté par happy t, 26 novembre 2007 à 16:50 | | Répondre
  • Il est terrible
    le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain
    Il est terrible ce bruit
    quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim... c'est pas de Nietzsche c'est de Prévert...

    Posté par stephan, 26 novembre 2007 à 20:51 | | Répondre
  • Oui. Et il est encore plus terrible dans la gorge de l'homme qui n'a pas faim!

    Posté par Briscard, 26 novembre 2007 à 21:40 | | Répondre
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