05 novembre 2007

2. La tête de lard

cartes_postales

2. La tête de lard

Moi, Josy, quand j’l’ai connue, elle habitait toujours le p’tit deux pièces pourave, chiottes sur l’palier et loyer d’48, que sa mère lui avait laissé… rue du Roi d’Alger, c’était, du mauvais côté de l’Ornano… Moi j’aurais plutôt dit rue du Clodo d’Alger, vu qu’sa rue, à l’époque, c’était plutôt Taudiland que Suncity ! Mais bon, c’était pas cher, et comme ça elle pouvait s’mettre des p’tits sous d’côté, histoire de s’doter pour le mariage princier qu’elle se concoctait, dans sa p’tite tête de  linotte chimérique.

Josy, encore toute gamine, elle bossait déjà un peu pour moi, dans mon premier troquet , un p’tit rade à la papa, rue des Haies, dans l’20ème, là ou Manda jouait du coutelas dans les années 10, où l’OAS faisait sauter les bistros reubeus dans les années 60 et où j’avais pris la succession d’la Mère Germain en 79…

De Simplon à Avron, ça lui f’sait tous les jours une petite demi-heure de trome one way, et ça lui permettait d’améliorer l’ordinaire de son mi-temps chez moi, par un autre mi-temps au Nord-Sud, une grosse brasserie à Jules Joffrin, au pied d’la Butte.

C’est au Nord-Sud, que Josy croisa Lekervelec pour la première fois. Loïc Lekervelec,  peintre de Montmartre, qu’il se présentait… Fils spirituel de Picasso et d’Modigliani, qu’il se réclamait, rien qu’ça, quand les deux barbouilleux hantaient encore l’bateau lavoir et la rue des Abesses… Loïc, il revendiquait les premières époques et l’authentique… Les demoiselles d’Avignon ou rien ! De l’absinthe ou macache ! Mais en fait d’absinthe, il tututait du perniflard, et ses demoiselles d’Avignon, c’était les dames du bois d’Boulogne : Loïc Lekervelec dessinait des cartes postales cochonnes pour les touristes largués sur la Place du Tertre! En bon breton, Loic c’était de l’art et du cochon…

                                                                                                (à suivre)

Posté par dinan à 01:01 - Commentaires [10] - Permalien [#]


Commentaires sur 2. La tête de lard

    Manque que la bande son piano bastringue et l'odeur de rade à papa à votre love story et on s'y croirait!

    Posté par Kiki, 05 novembre 2007 à 08:16 | | Répondre
  • Va y avoir de la Josy toute nue

    Posté par A@T, 05 novembre 2007 à 16:36 | | Répondre
  • Pour l'piano, Kiki, vu l'époque, ça s'rait plutôt un vieux juke box tout pourri, et pour l'odeur, celle du cropue monsieur un pau crâmé, si tu sens c'que j'veux dire...
    Mme B., vous ne me décevrez jamais!!!

    Posté par Briscard, 05 novembre 2007 à 19:15 | | Répondre
  • Tain c'est court...Comme mon commentaire... Mais ça en dit long... Comme... Euh...

    Posté par poatgepekinois, 05 novembre 2007 à 19:26 | | Répondre
  • Comme ton commentaire?...

    Posté par Briscard, 05 novembre 2007 à 19:29 | | Répondre
  • Ouais voilà...
    Sinon je ne sais pas si je l'ai déjà dit mais c'est une bonne idée ce blog. Enfin bon voilà, c'est au cas où... J'aime bien le Lapin Agile, ça me donne envie d'être proprio dans Paris... Ouais....

    Posté par potagepekinois, 05 novembre 2007 à 19:45 | | Répondre
  • proprio d'un lapin?à Paris?

    Posté par happy t, 05 novembre 2007 à 19:50 | | Répondre
  • ben dis donc cela roucoule comme du Audiard (père!) et scintille comme un Utrillo votre boutique...

    Posté par stephan, 06 novembre 2007 à 09:37 | | Répondre
  • Pek> Ben merci pour la "bonne idée"; le mérite en revient à SPT... rendons à César...
    HT> Non, d'un Bonaparte manchot...
    Stephan> Oh!... Nous rougissons comme la vigne de Vincent!

    Posté par Briscard, 06 novembre 2007 à 11:14 | | Répondre
  • Ben là, c'est le titre qui me parle...
    Je me laisserais bien tenter par une petite absinthe, moi, j'en ai déjà goutté de la vraie, faite "maison", mais ça se trouve pas facile, j'ai que le sucre et la cuiller!

    Posté par caramel, 09 novembre 2007 à 21:12 | | Répondre
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